Classement et comparaisons

Les classements des gemmes les plus nobles au monde sont établis en fonction de critères précis.

Vous connaissez sans doute les 7 C du diamant, caractères spécifiques qui permettent d’en évaluer la qualité et le prix sur le marché international.


Les classements des gemmes les plus nobles au monde sont établis en fonction de critères précis.

Vous connaissez sans doute les 7 C du diamant, caractères spécifiques qui permettent d’en évaluer la qualité et le prix sur le marché international. Ce sont :

• Cut, la taille du diamant

• Color, la couleur (ou plutôt son absence)

• Clarity, la clarté

• Carats, le poids du diamant

• Certification

• Conditions d’extraction

• Contrôle du pays d’origine


Les perles bénéficient de critères qualitatifs semblables, même si, entre une gemme purement minérale – le diamant – et une gemme biominérale – la perle –, des différences existent.



Les classements sont au nombre de quatre pour la perle :


• La classification du Gemmological Institute of America (GIA) pour toutes les perles

• La classification de la société Mikimoto (initiateur de la perle de culture au Japon), spécifiquement élaborée à l’origine pour les perles Akoya

• La classification des 5 S de Autore/Gubelin, spécifiquement pour les perles des Mers du sud

• La classification polynésienne, réservée exclusivement pour les perles de culture de Tahiti.


Depuis environ 60 ans, le Gemmological Institute of America (GIA) délivre des certificats d’expertise des gemmes.


Son professionnalisme étant reconnu mondialement, un grand nombre d’autres laboratoires utilisent leur classification pour l’évaluation des perles.


Dans un souci d’efficacité et de compréhension des critères d’expertise, le GIA a élaboré sa classification perlière selon « The Seven Value Factors », 7 coefficients de valeurs de la perle.


Ces 7 critères sont :

• la taille (en millimètres)

• la forme (de la perle)

• le lustre (ou orient)

• la surface (défauts)

• la couleur

• la qualité de la nacre

• l’appairage


Les autres législations, bien qu’ayant des définitions parfois différentes, s’en approchent.

La classification Autore définit la qualité des perles selon les Cinq S, un système d’évaluation déposé, qui repose sur les 5 vertus suivantes : Shine, Surface, Shade, Shape and Size, que l’on peut traduire par la brillance (orient), la qualité de la surface, la nuance, la forme et le taille.


Mikimoto, créateur des perles Akoya de culture au Japon, a créé une classification basée sur les critères suivants : lustre, qualité de la surface, forme et taille

Les perles se voient ensuite attribuer un grade, par exemple de A à D, les grades "A" représentant la meilleure qualité.



La législation polynésienne s’est inspirée de ces différentes classifications pour caractériser les qualités de la perle de Tahiti.







En juillet 2017, le gouvernement polynésien a adopté une loi de pays révisant les critères de classification spécifiques à la perle de culture de Tahiti :

• la taille (millimètres)

• le poids (en grammes)

• les formes

• la qualité de la surface, aussi bien en termes de qualité du lustre que des imperfections visibles


Vous trouverez ci-dessous une combinaison détaillée des 7 C du diamant, auxquels nous avons adjoint les critères reconnus pour la perle de Tahiti et les autres perles du monde. Vous pourrez ainsi vous rendre compte que les critères de classification des perles n’ont rien à envier, en termes d’exigence et de recherche de qualité, à ceux de la gemme minérale la plus noble au monde.


1. conditions d’extraction

Dans le cadre de gemmes durables, savoir que son diamant ne participe pas au financement de conflits mais, éthique et responsable, finance le développement économique des populations concernées, est essentiel.

En ce qui concerne les perles, leur production s’effectue dans des pays politiquement stables. Leur culture puis leur commercialisation échappent aux polémiques de financement de conflits ou de guérilla, comme cela est le cas en Afrique. En revanche, la vraie question se pose en termes de responsabilité sociétale et environnementale : les perles de culture, quelles que soient leurs régions de production, doivent permettre aux populations concernées de vivre dignement et prendre un soin constant et méticuleux de l’écosystème de production (que ce soit dans des lagons ou en pleine mer). Cette constante d’une perle et d’un diamant durable (sustainable en anglais), respectueux de son environnement et des populations doit se retrouver dans toute certification, actuelle ou à venir.


2. contrôle du pays d’origine

Cela permet une traçabilité totale sur le lieu et pays d’extraction.

Pour les perles, le certificat remis lors de l’achat certifie l’origine des perles (exploitation-élevage-gestion).


3. cut, la taille

Unique critère dépendant du savoir-faire du diamantaire, la taille permet d'obtenir un jeu de miroir entre les différentes facettes du diamant afin d'orienter la lumière qui en émane.

Pour la perle, le critère correspondant est la forme.

Trois catégories ont été définies.

  • a. Les formes classiques sphériques symétriques : ronde (R) et semi-ronde (SR).

  • b. Les formes classiques symétriques : goutte/poire (DR), ovale (OV), bouton (BT) et semi-baroque (SB).

  • c. La forme classique asymétrique : baroque (BA)

Pour le GIA, il existe 3 catégories : Sphérique / Symétrique /Baroque. La présence de cercles peut faire varier ces formes.




4. color, la couleur

L'évaluation de la couleur d'un diamant est basée sur son absence Plus le diamant est incolore (D), plus il est considéré comme parfait. Plus il tire vers le jaune (Z), moins il est classé. C’est semblable pour les perles des Mers du sud ainsi que pour les Akoya.

Pour les perles de Tahiti, la couleur est un critère secondaire, en raison de sa subjectivité. Les perles de Tahiti, longtemps surnommées perles noires (Black Pearls), sont en fait rarement noires. En revanche, la qualité de leur lustre ou orient, qui est l’iridescence de la perle due à la décomposition

de la lumière à travers les cristaux réguliers d’aragonite est fondamentale.

Un lustre excellent correspond à une réflexion totale de la lumière, donnant un effet miroir. Une perle sans lustre correspond à un aspect mat ou terne de sa surface.

Pour le GIA, les facteurs déterminant la qualité de la nacre sont l’épaisseur de la nacre autour du nucleus et la superposition des couches de nacre. Ce fut l’un des critères essentiels de la perle de Tahiti avant la révision de 2017.


5. clarity, la clarté

Le diamant présente des imperfections, des petites tâches ou inclusions, qui sont relevés et contribuent à sa notation.

Pour une perle, on parlera de piqûres, petits défauts qui altèrent la perfection de sa surface. C’est le critère le plus important pour la perle de Tahiti, avec la forme : cercles, piqûres, rayures, fissures, creux, bourrelets, sillons, bosses, soufflures, dépôts organiques, dépôts de calcite ou autres zones de dévitalisation seront comptés dans sa note finale. Certaines de ces imperfections affectent l’apparence globale et la longévité des perles. Très peu de perles ont une qualité de surface parfaite.


6. carats

Le poids des pierres s'exprime en carat. 1 carat équivaut à 0.20 g. À qualité (et cut) égale, le prix d'un diamant s'envole avec l'augmentation de son caratage. C'est le critère le plus déterminant de la valeur d'un diamant.

Pour les perles, le poids est exprimé en grammes. Certains classements font correspondre ce poids en gramme aux carats. Quant à la taille, elle se mesure par le diamètre de la perle en millimètre, arrondi à l’unité inférieure.

Pour le GIA, la taille de la perle se détermine aussi en millimètre, mais arrondie au 0,5 mm près. Elle se mesure sur le diamètre des perles sphériques et sur la longueur combinée à la largeur des autres formes de perles.


7. certification

Tout diamant dépassant 0,30 carat (soit 0,06 g) bénéficie d’un certificat attestant caractéristiques et provenance, émanant d'un organisme indépendant reconnu tels que le GIA ou le HRD.

Les perles de Tahiti et certaines autres perles bénéficient également d’une certification d’authenticité, qui affiche le lieu de naissance (perle de Tahiti) et les spécificités de la perle.


Un dernier critère que vous pourrez parfois avoir chez un bijoutier est l’appairage, autrement dit l’uniformité et l’harmonie des perles sur un bijou. Il n’est jamais appliqué à une seule perle. Ce n’est pas vraiment un facteur de qualité mais, associé aux 6 autres critères, il peut avoir un impact sur la valeur du bijou.


Texte : Patrick Seurot - Photos : © DR